Besoin de plus de renseignements ?
- Étape 1 : Les premières démarches (J à J+7)
- Étape 2 : Identifier les héritiers et le notaire (Semaine 1-2)
- Étape 3 : Établir le bilan patrimonial (Mois 1-2)
- Étape 4 : Choisir son option successorale (Dans les 4 mois)
- Étape 5 : L’acte de notoriété et la déclaration fiscale (Mois 2-6)
- Étape 6 : Le partage des biens (Mois 6-12 ou plus)
- Étape 7 : Signature de l’acte de partage et clôture (Mois 12-18)
- Cas particuliers et situations complexes
- Les erreurs à éviter
- Calendrier récapitulatif
- Questions fréquentes
- Combien de temps dure une succession ?
- Puis-je hériter si j’ai des dettes personnelles ?
- Que faire si un héritier refuse de signer le partage ?
- Les donations antérieures sont-elles prises en compte ?
- Peut-on contester un testament ?
- Que devient le concubin survivant ?
- Que faire si je suis héritier lésé ou omis ?
- L’accompagnement du Cabinet Maxey
Face au décès d’un proche, les démarches administratives et juridiques d’une succession peuvent sembler complexes. Ce guide vous accompagne étape par étape pour comprendre le déroulement d’une succession et anticiper sereinement cette période délicate.
Étape 1 : Les premières démarches (J à J+7)
Constater le décès et obtenir les documents essentiels
Dès le décès constaté par un médecin, plusieurs documents doivent être rapidement obtenus :
- L’acte de décès : délivré par la mairie du lieu de décès (gratuit, demander 5 à 10 exemplaires)
- Le certificat de décès : établi par le médecin constatant le décès
- Le livret de famille et les documents d’identité du défunt
- Les contrats d’assurance-vie et documents bancaires
Rechercher le testament
Avant toute démarche, il est crucial de vérifier l’existence d’un testament. Deux options s’offrent à vous :
- Consulter le Fichier Central des Dispositions de Dernières Volontés (FCDDV) auprès d’un notaire
- Rechercher dans les effets personnels du défunt
💡 Bon à savoir
Un testament olographe (manuscrit) trouvé à domicile doit impérativement être déposé chez un notaire qui procédera à son ouverture officielle en présence des héritiers. Ne pas le faire constitue un recel successoral passible de sanctions.
Organiser les obsèques
Les héritiers ou la personne désignée par le défunt doivent organiser les funérailles dans un délai de 6 jours maximum (hors week-end et jours fériés). Le coût des obsèques sera prélevé sur la succession. Le coût moyen se situe entre 3 500 et 5 000 euros.
Étape 2 : Identifier les héritiers et le notaire (Semaine 1-2)
Désignation ou choix du notaire
Un notaire est obligatoire dans les cas suivants :
- Présence d’un bien immobilier dans la succession
- Actif successoral supérieur à 5 000 €
- Présence d’un testament ou d’une donation entre époux
- Héritiers mineurs ou majeurs protégés
Selon le Conseil supérieur du notariat, plus de 80% des successions nécessitent l’intervention d’un notaire. Si plusieurs héritiers ne s’accordent pas sur le choix du notaire, chacun peut désigner le sien.
Détermination des héritiers
Le notaire établit la liste des héritiers selon :
- L’ordre légal (en l’absence de testament) : descendants, ascendants, collatéraux
- Les dispositions testamentaires du défunt
- Les droits du conjoint survivant (usufruit ou propriété selon les cas)
⚠️ Point d’attention
Les héritiers réservataires (enfants) ne peuvent être totalement déshérités, même par testament. Ils conservent une part minimale appelée « réserve héréditaire » : 1/2 du patrimoine pour un enfant, 2/3 pour deux enfants, 3/4 pour trois enfants et plus. Découvrez comment calculer la réserve héréditaire.
Le notaire doit déterminer les droits successoraux entre époux en fonction du régime matrimonial, de l’existence d’un testament et de la composition familiale.
Étape 3 : Établir le bilan patrimonial (Mois 1-2)
Inventaire de l’actif successoral
Le notaire recense l’ensemble des biens du défunt :
Biens immobiliers
- Résidence principale et secondaire
- Terrains, immeubles de rapport
- Parts de SCI (Société Civile Immobilière)
- Parmi les démarches souvent négligées dans l’urgence, la question de l’assurance habitation et succession doit être traitée rapidement pour éviter un vide de couverture sur le logement du défunt.
Biens mobiliers
- Comptes bancaires, livrets d’épargne, assurance-vie
- Véhicules, meubles, objets de valeur, bijoux
- Portefeuille de valeurs mobilières (actions, obligations, PEA)
- Droits d’auteur, brevets, parts sociales
✅ Astuce pratique
Rassemblez tous les relevés bancaires, titres de propriété, contrats d’assurance et factures pour faciliter le travail du notaire. N’oubliez pas de vérifier le fichier FICOVIE qui recense tous les contrats d’assurance-vie souscrits en France.
Recenser le passif
Les dettes du défunt doivent également être identifiées : crédits immobiliers ou à la consommation, impôts restant dus, factures impayées, dettes locatives, pensions alimentaires, dettes fiscales.
Important : Les héritiers ne sont tenus de payer les dettes que dans la limite de l’actif reçu, sauf acceptation pure et simple de la succession. Environ 15% des successions présentent un passif supérieur à 30% de l’actif.
Étape 4 : Choisir son option successorale (Dans les 4 mois)
Chaque héritier dispose de 4 mois pour réfléchir à son choix. Trois options s’offrent à lui :
L’acceptation pure et simple
Vous acceptez la totalité de la succession, actif ET passif. C’est l’option la plus courante quand l’actif dépasse largement le passif.
Conséquence : Vous devrez régler les dettes du défunt, même si elles dépassent la valeur des biens reçus (engagement de votre patrimoine personnel).
L’acceptation à concurrence de l’actif net
Vous acceptez l’héritage mais limitez votre responsabilité : vous ne payez les dettes qu’à hauteur de ce que vous recevez.
Avantage : Protection de votre patrimoine personnel si des dettes inconnues apparaissent ultérieurement.
Contrainte : Procédure plus longue et coûteuse (inventaire obligatoire, publicité légale).
La renonciation
Vous refusez purement et simplement la succession. Vous n’êtes alors plus considéré comme héritier.
À noter : Cette décision est irrévocable et doit être formalisée au tribunal judiciaire. Elle peut être stratégique en cas de dettes importantes ou pour permettre aux générations suivantes d’hériter directement.
Indépendamment de l’option choisie, le conjoint survivant peut bénéficier d’un droit viager au logement pour le conjoint survivant sur la résidence principale, sauf disposition testamentaire contraire.
Étape 5 : L’acte de notoriété et la déclaration fiscale (Mois 2-6)
L’acte de notoriété
Le notaire établit ce document officiel qui prouve votre qualité d’héritier, permet de débloquer les comptes bancaires du défunt et est nécessaire pour toute démarche administrative.
La déclaration de succession
Délai impératif : 6 mois à compter du décès (12 mois si décès à l’étranger)
Ce document fiscal, établi par le notaire, détaille l’identité du défunt et des héritiers, l’inventaire complet de l’actif et du passif, ainsi que le calcul des droits de succession. Environ 350 000 déclarations de succession sont déposées chaque année en France.
Les droits de succession
Le barème fiscal varie selon le lien de parenté :
| Lien de parenté | Abattement | Taux |
|---|---|---|
| En ligne directe (enfants) | 100 000 € par enfant | 5 % à 45 % |
| Époux / Partenaire de PACS | Exonération totale | 0 % |
| Entre frères et sœurs | 15 932 € | 35 % ou 45 % |
| Autres héritiers | Variable | 55 % ou 60 % |
Étape 6 : Le partage des biens (Mois 6-12 ou plus)
L’indivision successorale
Avant le partage, tous les héritiers sont propriétaires ensemble de tous les biens (indivision). Cette situation peut perdurer si les héritiers s’entendent, mais elle reste précaire car chaque héritier peut demander le partage à tout moment.
Important : Pendant l’indivision, toute décision importante nécessite l’accord de tous les indivisaires ou d’au moins 2/3 des droits pour les actes d’administration courante.
Les méthodes de partage
Le partage en nature : Chaque héritier reçoit des biens concrets (un héritier reçoit la maison, l’autre le portefeuille d’actions, le troisième les liquidités).
Le partage avec soulte : Un héritier conserve un bien de valeur supérieure à ses droits et verse une compensation financière aux autres.
💼 Conseil pratique
En cas de désaccord persistant, un héritier peut demander le partage judiciaire, mais cette procédure est longue (2 à 3 ans) et coûteuse. Mieux vaut privilégier la négociation d’un protocole d’accord successoral ou la médiation familiale.
Étape 7 : Signature de l’acte de partage et clôture (Mois 12-18)
L’acte de partage
Une fois tous les héritiers d’accord, le notaire rédige l’acte de partage qui formalise la répartition définitive des biens, met fin à l’indivision et transfère la propriété exclusive à chaque héritier. C’est un acte authentique qui a force exécutoire.
Les frais à régler
- Émoluments du notaire : environ 1 à 2 % de la valeur de la succession
- Droits de succession : à régler au fisc dans les 6 mois (possibilité de paiement fractionné)
- Autres frais : publication foncière, frais de déblocage de comptes, honoraires d’experts
Cas particuliers et situations complexes
La succession internationale
Si le défunt ou des héritiers résident à l’étranger, ou si des biens sont situés hors de France, la succession se complexifie. Depuis août 2015, c’est la loi du dernier pays de résidence habituelle du défunt qui s’applique, sauf choix contraire dans un testament. Pour plus de détails, consultez notre guide complet sur la succession internationale.
Mineurs et majeurs protégés
Des autorisations spécifiques sont nécessaires : intervention du juge des tutelles, acceptation obligatoire à concurrence de l’actif net pour protéger le mineur ou le majeur sous tutelle, autorisation judiciaire pour tout acte de disposition. En cas de maladie comme Alzheimer, des démarches particulières existent pour obtenir l’autorisation d’une donation.
Succession et transmission d’entreprise
Lorsque le patrimoine du défunt comprend une entreprise (parts sociales, fonds de commerce, titres de société), la succession obéit à des règles spécifiques selon la forme juridique. Le pacte Dutreil, l’apport-cession ou le mandat posthume sont autant d’outils à maîtriser. Consultez notre guide complet sur la succession et transmission d’entreprise si vous voulez connaître le détail des spécificités à connaitre dans ce cas.
Les erreurs à éviter
- Retirer de l’argent du compte du défunt avant la déclaration de succession : constitue un recel successoral passible de sanctions civiles et pénales.
- Vendre des biens sans l’accord de tous les héritiers : acte nul pouvant entraîner des dommages et intérêts.
- Dépasser les délais de déclaration : pénalités de retard de 10% puis 40% + intérêts de 0,20% par mois.
- Accepter purement et simplement sans vérifier les dettes : engage votre patrimoine personnel de manière irrévocable.
- Ignorer les donations déguisées : elles doivent être rapportées à la succession.
- Oublier de déclarer certains biens : l’administration fiscale peut redresser la déclaration jusqu’à 6 ans après le décès.
Calendrier récapitulatif
| Délai | Actions principales |
|---|---|
| J à J+7 | Acte de décès, recherche testament, organisation obsèques |
| Semaine 1-2 | Choix du notaire, identification des héritiers |
| Mois 1-2 | Inventaire patrimonial complet (actif et passif) |
| Mois 1-4 | Réflexion et choix de l’option successorale |
| Avant 6 mois | Déclaration de succession et paiement des droits |
| Mois 6-12 | Négociation et répartition des biens |
| Mois 12-18 | Signature de l’acte de partage et clôture |
Questions fréquentes
Combien de temps dure une succession ?
En moyenne 6 à 18 mois pour une succession simple. Comptez 18 à 36 mois pour une succession complexe (patrimoine important, désaccords, biens à l’étranger). Les successions contentieuses peuvent durer 3 à 5 ans.
Puis-je hériter si j’ai des dettes personnelles ?
Oui, mais vos créanciers personnels pourraient saisir votre part d’héritage. L’acceptation à concurrence de l’actif net protège des dettes du défunt, pas de vos propres dettes.
Que faire si un héritier refuse de signer le partage ?
Après tentatives de conciliation, un partage judiciaire peut être demandé (2 à 4 ans, 10 000 à 30 000 € de frais). Mieux vaut privilégier la négociation d’un accord amiable. La loi de 2026 sur l’indivision successorale vient d’ailleurs simplifier la sortie d’une indivision bloquée, avec une entrée en vigueur prévue début 2027.
Les donations antérieures sont-elles prises en compte ?
Oui, elles sont rapportées à la succession pour calculer les droits de chacun et vérifier le respect de la réserve héréditaire. Il est possible de contester une donation-partage ou de contester la valeur d’un bien donné. Les donations de plus de 15 ans ne sont pas prises en compte pour le calcul des droits.
Peut-on contester un testament ?
Oui, dans certains cas : vice du consentement, atteinte à la réserve héréditaire, non-respect des formes légales, captation d’héritage. Délai de 5 ans à compter de l’ouverture du testament.
Que devient le concubin survivant ?
Le concubinage ne donne aucun droit successoral, contrairement au PACS ou au mariage. Consultez notre guide sur la succession du conjoint survivant pour comprendre les différentes situations.
Que faire si je suis héritier lésé ou omis ?
Si vous n’avez pas reçu votre part légitime, vous pouvez faire valoir vos droits. Découvrez les recours possibles pour un héritier lésé ou un héritier omis d’une donation-partage.
L’accompagnement du Cabinet Maxey
Le déroulement d’une succession est jalonné d’étapes techniques et de décisions importantes qui engagent votre patrimoine et celui de vos proches. Le Cabinet Maxey vous accompagne à chaque phase :
- Sécuriser vos choix juridiques et fiscaux : analyse approfondie de votre situation patrimoniale
- Optimiser la transmission : conseils pour réduire légalement la charge fiscale
- Prévenir et résoudre les conflits : médiation entre héritiers
- Respecter les délais : suivi rigoureux du calendrier successoral
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